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Découvrir Kep

Kep et Kep Children, une longue histoire d’amour

Cet article est dédié à Khet, qui n’aura pas eu le temps de vivre assez longtemps…

Découvrir Kep et Kep Children : Dans cet article un peu particulier, nous allons vous présenter deux coups de cœur.

D’une part la petite cité balnéaire de Kep, au Sud-Est du Cambodge, sur la côte du golfe de Siam, et surtout une association qui s’y est créée, il y a presque neuf ans jour pour jour, Kep Children, que votre site de vente de bijoux en ligne, Frenchy-Cambodge, a décidé de soutenir en reversant un Euro sur chacune des ventes de ses pièces.

Tout d’abord parlons de Kep, que le rédacteur de ces lignes connaît bien pour y avoir vécu quatorze ans.

À la base Kep était un petit village de pêcheurs comme il y en a tant le long des côtes, mais les aléas de l’histoire l’ont transformé en un petit bijou.

En effet, en 1843 le Cambodge passe sous protectorat français, et jusqu’au milieu du XXème siècle, les Français installés dans le royaume, dont l’épicentre administratif est la capitale, Phnom Penh, vont chercher un lieu de villégiature où pouvoir aller passer les week-ends et les vacances, de préférence en bord de mer.

Ils porteront leur dévolu sur Kep, dont le microclimat et l’osmose entre les collines du parc national – prolongement de la chaîne des éléphants – et la baie, composée de onze îlots, offrent un cadre idéal, un bord de mer dans un écrin de verdure.

Par ailleurs, Kampot, située à vingt kilomètres seulement, est à l’époque le port principal du royaume, et les terres fertiles vont attirer de grands propriétaires terrains, des agriculteurs et surtout des cultivateurs de poivres – auquel nous avons consacré un article ici (lien) – considérés comme le meilleur du monde.

Mais si Kampot est une ville coloniale de facture classique, Kep va se démarquer par son aménagement et son architecture, avec, en soixante ans, la construction d’environ six cents maisons dont la moitié seront des maisons d’architectes, d’inspiration Le Corbusier / Van Molivan (1).

(1) Le Corbusier et Vann Molivan, l’un Suisse, l’autre Khmer, sont les deux architectes qui ont le plus influencé l’aménagement urbain et l’architecture moderne, contemporaine et avant-gardiste du Cambodge entre 1920 et 1968, à Phnom Penh, à Kep et dans toutes les villes importantes.

Plage de Kep
Plage de Kep
Villa de kep
Une des incroyables ruine d’une villa d’inspiration Le Corbusier

La “ville” s’étale sur huit kilomètres et n’a pas vraiment de centre, si ce n’est la plage artificielle. L’emplacement des terrains sur lesquels ont été construites ces résidences principales ou secondaires, devait être situés face à la mer, avec une vue dégagée, dos à la forêt tropicale, profitant ainsi des brises venant du Sud et de la fraîcheur dégagé par le parc au Nord, au coeur de jardins luxuriants.

D’où cet agencement étrange, tout en longueur et en langueur. Kep incarnait une “certaine idée de la France”.

Un peu Saint-Tropez et un peu Deauville, avec son casino, ces restaurants gastronomiques ressemblant à des manoirs normands, ces demeures avant-gardistes, très Art déco, aux géométries déstructurées, aux conceptions fantasques et aérées.

C’était, dans la Colonie, “Non loin de la capitale, dans la municipalité de Kep, une plage merveilleuse où il fait bon vivre.”

La disparition de Kep, et sa renaissance

Puis arrive 1968, le début de la fin pour le Cambodge. Kep fut littéralement rasée et réduite à l’état de ville fantôme durant les trente ans de guerre qui ravagèrent le royaume.

En 1998 seulement commencèrent les balbutiements de sa renaissance, mais l’électricité ne revint véritablement qu’en 2004/2005, à l’époque des premières nouvelles récoltes de poivres, des premiers hôtels et guest-houses, des premiers restaurants, et surtout la vie qui revenait enfin au marché aux crabes, « Phsar Kdam » : un festival d’iode et de poiscailles merveilleuses, de crabes bien sûr, mais surtout, des couleurs et des fragrances, des sourires, des musulmanes hilares, des jeunes tatoués, mais c’est une autre histoire…

Marché au crabes
L’irréel marché aux crabes

Nous pouvons dire que c’est depuis 2008 que Kep, petit à petit, est redevenue une délicieuse cité balnéaire, pointillée de charmants resorts et maisons d’hôtes.

La paix a ramené la nonchalance, les routes sont parmi les plus belles du pays, la plage a été entièrement refaite et agrandie avec du sable blanc venu du parc de Ream (2).

(2) Le parc national de Ream est une vaste langue de terre longeant la mer, entre Kampot et Sihanoukville, abritant des plages sauvages, mais aussi un vaste espace maritime“protégé”, des îles inhabitées, des mangroves, des espèces rares d’oiseaux, des dauphins s’y régalent et des coraux vous font des arc-en-ciel dans les fonds sous-marins. C’est aussi là que se déroule “Un barrage contre le Pacifique”, le célébre roman de Marguerite Duras, adapté en film par Rithy Panh.

Découvrir Kep et Kep Children :

Quand Kep redevient fêtes et langueur océane

Tous les week-ends, lors des vacances et des fêtes nationales, nombreuses au Cambodge, la classe moyenne et aisée vient s’y détendre, découvrir la mer, se relaxer dans de jolis Resort nichés à fleur d’eau ou de jungle, manger du crabe aux pinces bleues en buvant des bières sous d’innombrables paillotes, s’accaparant les tout aussi innombrables hamacs.

La douceur de vivre a retrouvé sa place dans cet endroit hors du temps. Et quelques heures dans une crique magique sur un bateau qui porte le nom d’une chanson de Brassens, offre un magnifique voyage dans le temps, et dans l’océan.

Activité des ïles de Kep
Dans la crique de l’île aux fourmis rouges

Les alentours sont aussi de plus en plus visités, offrant un incroyable panel de paysages.

Villages de pêcheurs, petits ports improvisés, mangroves, rizières confétisées de palmiers, buffles d’eau, massifs karstiques (ce qu’on appelle la petite baie d’Ha Long du Cambodge) abritant des grottes, des caves, des temples troglodytes pré-angkorien comme Phnom Chhnork, datant du VIIème siècle.

Il y a quelques centaines de plantations de poivres, des milliers d’hectares de manguiers, les marais salants qui s’étendent sur une langue entre terre et mer de cinquante kilomètres, de la frontière Vietnamienne, située à seulement 26 kilomètres de Kep, et Kampot.

Lacs parsemés de fleurs de lotus, appelées aussi “fleurs de Bouddha”, et de nénuphars matutinaux ; rivières et villages Chams (3), reliefs et forêts, îles et le mont Bokor à l’horizon, culminant à mille mètres.

Paysage de Kep
Kep et ses horizons

(3) Chams : La communauté musulmane du Cambodge, qui est composée en partie de pêcheurs, environ 300 000 personnes. Ils pratiquent un islam très modéré, empreint d’animisme khmère.

Kep : Un développement à deux vitesses

Mais malgré le développement du tourisme, plutôt éco-responsable dans cette région, les richesses produites par cette terre fertile et ce climat clément, Kep reste à l’image du Cambodge, les inégalités sociales y sont nombreuses, les familles très pauvres présentes, sur la décharge il y a 10 ans, ou dans les bidonvilles à peine cachés, proches du marché de Kep, qui perdurent aujourd’hui, vivent des gens qui peinent à subsister, dans des conditions de précarité très difficile, sans soins ni moyens, dont certains enfants ne peuvent pas aller à l’école, dont les maisons de tôles ne résistent pas à la saison des pluies, qui ne peuvent évidemment s’offrir d’aller chez le dentiste ou d’avoir une alimentation équilibrée.

Il s’agit souvent de familles nombreuses et en grandes parties livrées à elle-même, dont les enfants, principalement en bas-âge, sont les plus fragiles.

Découvrir Kep Children

Une association Franco-Cambodgienne à taille humaine

Kep et Kep Children
Frenchy Cambodge soutein Kep Children

L‘idée de cette association est une histoire de cœur et d’amitiés, celle d’une bande de potes qui en 2012, chacun occupés de différentes façons, ont décidé de se regrouper pour venir en aide aux “crapouillots” de la décharge et de ses alentours, pour créer une atmosphère de confiance, apporter une aide qui ne soit pas de l’assistanat.

Rester à taille humaine est un postulat aussi, consistant à mieux s’impliquer et cerner les problèmes de ces enfants, mais aussi de leurs familles, en entente avec les autorités, en accord avec la religion, en partenariat avec l’école publique, sans prétendre les remplacer. Aujourd’hui, c’est soixante-quatre enfants qui ont un accès à la scolarisation.

Tout ça a pu se faire grâce à une équipe solide et soudée de longue date, amis aussi pour beaucoup d’entre eux, composée aujourd’hui de quatre personnes en France, de neuf personnes au Cambodge et des membres d’honneur, Khet évidemment, qui est malheureusement décédé beaucoup trop jeune et sans qui Kep Children n’aurait peut-être pas existé, ainsi que Florian et Aurélie, un couple de Toulousains qui sont à l’initiative, avec Anne-Sophie en figure de proue, de cette aventure humaniste.

Le noyau dur de l’association sur place est le même depuis longtemps, ce qui permet d’instaurer un climat de confiance et une complicité indispensable pour le fonctionnement serein et pérenne d’une structure sociale comme celle ci. .

En dehors d’Anne-Sophie, qui en tant que fondatrice et directrice de Kep Children est rémunérée, ainsi bien sûr que les huit Cambodgiens qui travaillent à temps plein ou partiel pour faire vivre ce projet, tous les intervenants sont bénévoles.

Kep Children, toute une organisation!

Le touk touk de Kep Children
Le touk touk de kep Children

Le matin, c’est d’abord le jardin d’enfants. Âgés de trois à six ans, ils arrivent tôt et c’est le temps des douches, du brossage de dents, du petit-déjeuner et des jeux éducatifs.

L’association assure aussi une surveillance et les soins quotidiens des petites blessures ou des plus importantes parfois.

En effet, gosses de la campagne, la plupart du temps en haillons et pieds nus lorsqu’ils jouent, les blessures sont régulières et peuvent rapidement s’infecter, entre la précarité des lieux de vies et une hygiène parfois limite, auquel se rajoute un climat lourd et tropical.

Il y a des risques de tétanos, de staphylocoques, la rage qui traîne, les dengues et autres inflammations.

Il faut régulièrement nettoyer les plaies, refaire les pansements, parfois les bandages. Certains cas demandent des soins à plus longs termes, comme Sao, qui est un peu un symbole de l’association.

Présent depuis le tout début, ayant subi une opération importante et qui aujourd’hui doit encore être suivi, mais ayant retrouvé une vie d’enfant et jouant à nouveau avec tout le monde.

Puis vient le temps du lunch et bien sûr de la sieste, indispensable césure au coeur de la journée, pour récupérer, et se préparer à l’après-midi où les enfants rejoindront l’école maternelle de leur partenaire, Educating Smiling Children, qui offre à travers le Cambodge un accès gratuit à l’éducation, en accord avec l’école publique, au coeur du Srok, dans les endroits isolés ou en situation de grande précarité.

Préparation

Suivre et soutenir la scolarité des plus grands

Mais si l’école publique est officiellement gratuite, il n’y a aucune prise en charge, pour les familles les plus démunies, des dépenses induites par le fait même d’y aller, privant certains enfants de cette chance.

Tout doit être payé à titre privé : les uniformes, ici obligatoires, les vélos, souvent importants, les déjeuners, les cartables, les livres scolaires et les fournitures (ardoises, règles, gommes, stylos et crayons, cahiers, trousses, etc), qui, même si elles sont basiques, sont des dépenses qui cumulées au reste forment un budget conséquent.

Ici des familles comptent en sac de riz, vivotent au jour le jour, ont un accès limité à l’électricité quand il y en a, font attention à l’eau et à toutes les petites dépenses du quotidien.

Prendre les problèmes à la source

Parmi les autres activités de Kep Children, il y a l’aide, selon les moyens possibles, à la reconstruction des maisons les plus insalubres, particulièrement avant l’arrivée, en mai / juin, de la saison des pluies.

Souvent construites de bric et de broc, principalement en bouts de bois et de tôles, cordes et ficelles, elles ne tiennent pas longtemps face aux successions de grandes chaleurs et de grosses pluies.

L’humidité, l’ouverture sur l’extérieur, la proximité des autres “cabanes” favorisent les problèmes de santé, la prolifération des moustiques, les déchets souvent jonchent les lieux. L’eau vient de la jarre ou du puits du village, quand il y en a un.

Pouvoir se nourrir correctement, en bas âge et aux heures des apprentissages, est une base indispensable, autant pour la concentration et la mémoire que pour une meilleure résistance physique.

C’est en ce sens que Kep Children a passé un accord entre les familles, le directeur de l’école publique et les adhérents et donateurs de l’association, pour que soit créé un échange “riz contre assiduité à l’école”.

Ainsi tout le monde y gagne et les parents se doivent d’être impliqués.

Depuis 2018, la cantine est devenue une priorité au sein même de l’association. Des repas sont distribués aux maternelles du lundi au vendredi, et deux jours par semaine (faute de budget) pour les plus grands.

Le centre, qui est ouvert tous les jours de la semaine, de 7 heures 30 à 18 heures 30, offrent en plus des cours de soutien en cambodgien, et en anglais le dimanche.

Les jeunes participent aussi à l’entretien du jardin, au ramassage des déchets, avec une sensibilisation appuyée sur les bienfaits de l’écologie et le respect de l’environnement.

Découvrir et partager

L‘association organise aussi, lorsque c’est financièrement possible, des événements festifs, qui permettent d’égayer le quotidien, d’oublier les problèmes le temps d’une échappée belle.

Les thématiques sont en lien avec la culture cambodgienne, comme le 13 février 2017, une journée mémorable avec un buffet pour les enfants et leurs familles, un spectacle de danse Apsaras (lien article…), une démonstration de boxe traditionnelle khmère (lien article…) et bien sûr de la musique et un orchestre !

Ces parenthèses ne sont pas anodines, qui permettent de resserrer les liens entre les membres de l’association et la vie quotidienne du village

. C’est un moment où tout le monde se mélange et se retrouve sur un pied d’égalité.

La magie au Cambodge opère toujours à l’instant présent.

Le Carpe Diem prend tout son sens. Une complicité s’affirme. Comme pour les sorties à la plage, le dessin, les cours de danse, les visites alentours, toutes les activités qui créent du changement et ouvrent, même si c’est pour un court instant, d’autres horizons.

Une année difficile et un changement de direction

Anne-Sophie nous résume la situation et la gestion des priorités de l’association en 2020, depuis un an et la crise liée au Covid :

“ Depuis le début de la crise sanitaire au Cambodge, Kep Children a maintenu son soutien et son écoute auprès des enfants et des familles.

Ne pouvant plus accueillir nos élèves pendant plusieurs mois, nous nous sommes adaptés! Par exemple, notre cantine se déplace désormais à domicile, grâce à notre touk-touk qui apporte les repas directement aux familles de nos élèves.

Afin de garder un lien avec l’école, nos professeurs de soutien ont mis en place des devoirs à la maison.

Les donations de riz mensuelles sont toujours au rendez-vous et nous avons pu, grâce à une collecte en ligne en 2020, offrir du riz supplémentaire, des paniers alimentaires, des masques, des savons et du gel hydroalcoolique pour nos élèves.

Ces donations sont renouvelées en 2021 afin de continuer à soutenir les familles, et nous espérons que les écoles vont réouvrir rapidement et que l’on pourra ainsi reprendre un rythme plus « normal ».

Kep Children : Un changement important

En Septembre prochain, Kep Children va faire peau neuve! En effet, Anne-Sophie, cofondatrice et directrice de l’association depuis ses tous débuts, va vivre de nouvelles aventures à Phnom Penh, mais continuera bien sûr de s’investir et de s’impliquer, en commençant par aider Ingrid, expatriée depuis 3 ans au Cambodge, qui sera la nouvelle directrice locale de Kep Children, à être bien acceptée par les enfants, les familles, les autorités, et reprendre le flambeau.

C’est tout ce que nous lui souhaitons !

Une nouvelle année pleine de nouveautés et, on l’espère, moins impactée par la crise conséquente au Covid!

Les enfants de Kep Children
Les enfants de Kep Chidren

Les liens importants 🙂

Kep Children : https://kepchildren.fr/

Pour soutenir ou adhérer à l’association : https://kepchildren.fr/je-parraine/

Educating Smiling Children : http://www.ecole-cambodge.org/

Frenchy-Cambodge : https://www.frenchy-cambodge.com/

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